7- Du Mené à la
côte d'Emeraude:
En Bretagne,
une promenade géologique au fil de la Rance
par Jean Plaine
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circuit
Sur une longueur d'un peu plus de 100 kilomètres, la Rance
coule à travers des unités géologiques très
variées, tant en nature qu'en âge.
Ces unités (fig.1) appartiennent à deux des grands
domaines structuraux aujourd'hui reconnus dans le Massif armoricain:
a - le domaine centre-armoricain à l'histoire essentiellement
paléozoïque, dans lequel s'inscrit
sa haute vallée.
b - le domaine nord-armoricain à l'histoire paléozoïque
et plus ancienne, dans lequel
s'inscrivent sa moyenne vallée et sa partie maritime.
Ces deux domaines sont séparés par un grand accident
tectonique qui est globalement orienté est-ouest, le Cisaillement
nord-armoricain (CNA).
Le fleuve prend sa source à proximité
de Collinée sur les contreforts orientaux d'un vaste complexe
de roches magmatiques et métamorphiques paléozoïques,
le dôme de Plouguenast, qui constitue l'armature des Landes
du Mené avec les plus hauts sommets des Côtes-d'Armor.
Dans sa haute vallée, son cours s'oriente vers l'Est
au sein de roches plus ou moins métamorphiques, à
l'origine déposées dans un domaine marin au Briovérien
(Protérozoïque supérieur à Cambrien?)
puis transformées en schistes et micaschistes à
la fin de l'ère primaire dans la chaîne hercynienne.
Elles sont recoupées par deux petits corps magmatiques,
les diorites quartziques de Saint-Jacut-du-Mené et de Lanrelas
dont l'âge de mise en place est voisin de 485 millions d'années.
Dans ces roches grenues de couleur sombre, moins riches en silice
que les granites et dans lesquelles le minéral coloré
dominant est une amphibole, l'altération et l'érosion
ont parfois développé des blocs et des boules plus
ou moins volumineuses.
Ces blocs et ces boules se sont localement accumulées
dans le lit du fleuve ou sur les flancs de sa vallée en
chaos comme celui de Quémelin (site n°1, fig. 2) au
sud-ouest de Langourla et surtout celui de Lanrelas (site n°2,
fig. 2) aujourd'hui aménagé en zone de loisirs avec
jardin botanique (site des Aulnais ou de la Roche du Géant).
A la hauteur de Saint-Jouan-de-l'Isle, la Rance infléchit
fortement son cours vers le nord, empruntant un important réseau
de fractures d'orientation méridienne.
Ces structures, en créant des petits bassins d'effondrement,
ont facilité le piégeage et la conservation de sédiments
meubles récents comme des sables ocres et des cailloutis
miocènes à pliocènes (Formation des Sables
rouges, de 7 à 3 millions d'années environ), sans
fossiles, dont la coloration est due à la présence
d'oxydes de fer
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Ces dépôts qui correspondent
à l'installation d'un premier réseau fluviatile
identifiable en Bretagne, sont accessibles dans la carrière
du Pont-de-l'Isle, partiellement exploitée à
l'Est de Saint-Jouan-de-l'Isle, en bordure de l'ancienne
RN 12 où ils sont surmontés de graviers
véhiculés par le fleuve au cours des alternances
climatiques du Quaternaire (terrasse fluviatile) (site
n°3, fig. 2).
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En remontant vers Caulnes, la Rance franchit en cluse élargie
une importante unité sédimentaire orientée
est-ouest, le Synclinorium du Menez-Belair, partie médiane
d'une unité qui s'étend depuis la presqu'île
de Crozon en Finistère jusqu'au bassin de Laval en Sarthe
et Mayenne, le Synclinorium médian armoricain.
Constituées de sables et de vases accumulées sur
près de 1000 mètres d'épaisseur, au fil du
temps compactées et transformées en grès
et schistes, les roches de cette unité ont un contenu paléontologique
très varié avec arthropodes (Trilobites), bivalves,
brachiopodes, graptolites et microplancton qui témoignent
de la présence d'une étendue marine peu profonde
installée sur la région au Paléozoïque
(Ere primaire) durant presque 100 millions d'années, entre
465 et 360 millions d'années.
Ces formations sédimentaires ont été déformées,
plissées, fracturées puis exondées à
la fin du Paléozoïque, il y a environ 350 millions
d'années, dans une chaîne de montagnes, la chaîne
hercynienne.
Elles ont été largement exploitées pour
l'empierrement, la construction, ainsi que pour la confection
d'ardoises dans de petites carrières et même en galerie
sur la rive droite du fleuve (La Chapelle-Blanche) (site n°4,
fig. 2).
Après avoir décrit une large courbe au nord de
ces formations sédimentaires jusqu'aux environs de Guitté,
la Rance pénètre dans le massif granitique de Bécherel,
dessinant jusqu'au barrage de Rophemel une série de virages
encaissés, vraisemblablement là encore à
la faveur de failles.
Ce granite, à la trilogie minéralogique classique
(quartz, feldspaths, mica noir -biotite-), visible tout au long
de la retenue de Rophemel (rives sinueuses de l'étang de
Néal) (site n°5, fig. 2), est l'élément
le plus occidental des nombreux granites du domaine nord-armoricain
qui affleurent entre Bretagne et Normandie (Lanhélin, Louvigné-du-Désert,
)
et dont l'âge de mise en place se situe autour de 540 millions
d'années.
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Ce massif est parfois intensément
déformé le long de couloirs de failles orientés
est-ouest, l'un d'entre eux étant matérialisé
par le puissant filon de quartz (site n°6, fig. 2),
largement dégagé par l'érosion, qui
porte le village de Guenroc ("la Roche blanche").
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Après avoir franchi l'important abrupt de faille qui prolonge
à l'est le filon de Guenroc, le fleuve atteint le bassin
sédimentaire tertiaire du Quiou. Celui-ci s'étend
sur un peu plus de 20 km2 au pied du granite de Bécherel.
Les roches qui le remplissent sont des calcaires coquilliers,
tantôt sableux, tantôt plus fortement indurés,
connus sous le nom de Faluns.
Ces sédiments, très originaux en Bretagne, se sont
déposés il y a quelques 11 millions d'années,
au Miocène, lorsqu'un bras de mer (la mer des Faluns),
extension de l'Atlantique, traversait l'est du Massif armoricain
depuis la région nantaise jusqu'au golfe de Saint-Malo.
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Intensément exploités pour
l'amendement, la construction, la fabrication de chaux,
dans des carrières aujourd'hui délaissées
(le Rouget, le Hac, le Quiou,
), ils ne sont plus
extraits que de façon très intermittente,
dans la carrière de la Perchais en Tréfumel
(site n°7, fig. 2).
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Leur épaisseur, très variable d'un lieu à
l'autre, peut atteindre une cinquantaine de mètres et ils
sont toujours recouverts de sables et argiles rouges pliocènes,
le contact entre les deux formations étant souligné
par des poches de décarbonatation.
Au Besso, sur la commune de Saint-André-des-Eaux, ont été
reconnues des formations récifales constituées d'algues
calcaires (Lithothamnes).
Le contenu fossilifère des faluns, très riche,
est constitué d'invertébrés (bivalves, gastéropodes,
brachiopodes, bryozoaires, échinodermes,
) parmi lesquels
les oursins plats (scutelles) sont les plus caractéristiques,
de restes de vertébrés marins (os de siréniens,
cétacés) ainsi que de dents de nombreuses espèces
de poissons (vieilles, dorades, raies, poissons-globe, poissons
porc-épic, poissons-coffre) parmi lesquelles celles de
requins sont spectaculaires, pouvant dépasser la dizaine
de centimètres de longueur.
Quelques fragments de reptiles (crocodiles, tortues) et de vertébrés
terrestres complètent l'information paléontologique.
Ces archives biologiques reflètent des conditions climatiques
plus chaudes qu'aujourd'hui, vraisemblablement tempérées
chaudes à subtropicales, la température moyenne
de l'eau de mer ayant été évaluée
à 21°C.
Ces sédiments, encore accessibles, environnés d'un
patrimoine architectural exceptionnel, d'un patrimoine industriel
bien conservé (fours à chaux de Le Quiou édifiés
en 1892), constituent un matériau de choix dans la reconstitution
des environnements marins et terrestres au Miocène. Leur
exploitation scientifique, pédagogique et touristique est
effective dans l'ancienne école de Tréfumel, à
partir d'une série de panneaux fort bien documentés
(renseignements auprès de la mairie de Tréfumel).
Un peu plus loin, l'étang de la base de loisirs de Bétineuc
(site n°7bis, fig. 2) est creusé dans des cailloutis
qui correspondent à une terrasse quaternaire de la Rance,
d'âge un peu plus jeune que celui de la terrasse de Saint-Jouan-de-l'Isle.
Après avoir été rejoint sur sa rive droite
par le Linon, le fleuve coule dans les formations sédimentaires
briovériennes (schistes et grès) du domaine nord-armoricain
qui, à la hauteur de Calorguen, ont enregistré le
flux de chaleur lié à la mise en place du granite
tout proche de Bobital (faciès le Hinglé) il y a
environ 300 millions d'années.
Devenus cornéennes, ces sédiments, autrefois exploités
pour dalles près de l'écluse de Boutron, sont aujourd'hui
visibles dans la carrière de Vaugré (les Champs-Géraux)
(site n°8, fig. 2).
Face à cette " muraille " de roches dures, la
Rance forme un coude très prononcé vers l'ouest,
avant de reprendre son cours vers le nord en direction de Léhon
et Dinan.
A partir de Léhon, la Rance s'inscrit sur une seule et
même unité géologique, le domaine métamorphique
de Saint-Malo-Dinan.
Encore mal connue dans le détail, cette unité montre
une succession de structures elliptiques en dômes, orientées
sud-ouest - nord-est, constituées de roches métamorphiques
et de corps granitiques formées à partir de roches
sédimentaires schisteuses et gréseuses briovériennes
dont l'âge de dépôt est souvent placé
autour de 600 millions d'années.
La dureté différente des roches rencontrées
et la disposition de la fracturation expliquent en grande partie
l'orientation et l'aspect du cours du fleuve dans sa partie maritime.
Jusqu'à Mordreuc il conserve un aspect fluvial, étroit
et sinueux à l'intérieur de roches de nature granitique
puis s'élargit en atteignant des micaschistes plus tendres
à la hauteur de Plouër-sur-Rance.
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De nombreuses discontinuités, également
orientées sud-ouest-nord-est, parcourent ce domaine,
comme celle qui est soulignée par le puissant filon
siliceux du Mont Garrot en Saint-Suliac (site n°10,
fig. 2), largement exploité et qui a fourni de
beaux cristaux de quartz.
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| La coupe naturelle
de la Rance, dans sa partie proche de l'estuaire, permet d'observer
l'évolution de ce métamorphisme depuis les termes
peu modifiés de la région de Langrolay (micaschistes
et gneiss fins de la Grève des Morlets) (site n°11,
fig. 2) ou de Saint-Suliac, jusqu'à des termes plus
évolués au niveau du Minihic-sur-Rance (gneiss
à silicates alumineux de la pointe de Garel, de la
Landriais) ou de Pleurtuit (pointe de Cancaval) (site n°12,
fig. 2). |
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L'intensité du métamorphisme augmentant, sans doute
en relation avec un important épaississement de la pile
sédimentaire originelle, un début de fusion, visible
à partir de la Richardais (site n°13, fig. 2), conduit
à la formation de migmatites, roches hétérogènes,
plus ou moins litées, à l'aspect à la fois
de granite et de gneiss, dans lesquelles la déformation
s'est faite de façon plastique.
La fusion est plus complète dans les migmatites qui constituent
l'essentiel des affleurements de l'estuaire au delà du
barrage de la Rance (site n°14, fig. 2), ainsi que des affleurements
réduits, plus au sud, au niveau de Port-Saint-Hubert.
Le terme ultime de cette fusion-recristallisation est la formation
de corps granitiques auxquels se rattache vraisemblablement le
granite souvent déformé et transformé en
orthogneiss qui affleure depuis Dinan (site n° 9, fig. 2)
jusqu'à l'écluse du Châtellier.
Toutes ces structures en dômes, avec au cur des migmatites
et en périphérie des gneiss et des micaschistes
avec leur minéralogie et leurs structures de déformation
se rattachent à l'histoire terminale de la chaîne
cadomienne, autour de 540 millions d'années, dont elles
constituent les parties profondes ramenées par chevauchements
vers la surface et aujourd'hui dégagées par l'érosion.
En
descendant la Rance
Circuit
géologique de 100 km environ, à effectuer en automobile
(fig. 3)
Le circuit propose des sites d'observation faciles d'accès
et suffisamment nombreux pour montrer toute la géodiversité
offerte au long de ce beau fleuve breton.

- Départ: Collinée
A partir de Collinée
prendre la direction de Merdrignac puis après environ 1500
mètres, au niveau d'un giratoire, tourner à gauche
vers Langourla par la D 46.
La route longe un temps la Forêt de Boquen.
Après la Secouette, tourner à droite en direction
de la Barre.
Dépasser ce hameau et peu après la Ville Ratel prendre
à gauche vers Langourla, puis à droite en direction
de Cadeuc.
La route sinueuse descend et atteint la Rance peu avant Quémelin.
Le "chaos de Quémelin " est signalé par
un panneau.
Partir à pied vers le site par le chemin de randonnée
qui franchit le fleuve.
Arrêt n°1 - Le chaos de Quémelin
(Saint-Vran)
Les nombreux blocs de roche accumulés en bordure
de champ signalent le chaos.
Ils sont constitués d'une roche magmatique grenue, de
couleur grisâtre. Il s'agit d'une diorite quartzique à
grain moyen à grossier, à texture parfois porphyroïde.
Les minéraux colorés sont de la biotite (mica noir),
de la hornblende alors que le minéral clair est un feldspath
plagioclase subautomorphe, parfois zoné. Le quartz, interstitiel,
forme parfois des plages importantes.
La roche est souvent parsemée d'enclaves sombres, mélanocrates,
riches en biotite ("crapauds").
Ces affleurements appartiennent au massif dioritique de Saint-Jacut-du-Mené.
Continuer la route en direction de Langourla.
A l'intersection suivante, obliquer à gauche pour rejoindre
la D 59 à hauteur de la Ville-Guéguen
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En chemin, un arrêt est possible à
la Chapelle Saint-Gilles-des-Prés dont l'architecture
utilise très largement la diorite qui affleure d'ailleurs
un peu plus loin en bordure de route.
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A la Ville-Guégen, hameau bâti
sur et en diorite dont on voit les nombreux blocs, aller à
gauche pour rejoindre le bourg de Langourla
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A l'entrée du village il est possible
de prendre à droite en direction du plan d'eau avec
aire de loisirs et théâtre de verdure aménagé
dans une ancienne carrière de diorite, la carrière
Colombel (panneau explicatif).
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Remonter vers le centre de Langourla
dans lequel il faut admirer la curieuse tour Saint-Eutrope (XVIème
siècle).
Aller en direction d'Eréac.
Dans Eréac prendre la direction de Lanrelas par la D 46.
Arrivé au centre de ce bourg, aller sur la gauche vers
Plumaugat pour rejoindre après quelques centaines de mètres
le site des Aulnais.
Arrêt n°2 - Site des Aulnais
- Le chaos du Rocher du Géant (Lanrelas)
A la sortie de Lanrelas, sur la gauche, le sentier
botanique du site des Aulnais et le "Rocher du Géant"
sont signalés par des panneaux.
Comme à Quémelin, de nombreux blocs de diorite
sont dispersés dans le lit de la Rance mais le site est
un peu plus encaissé et la diorite en place affleure en
gros rochers dont certains montrent à leur surface supérieure
vasques et rigoles issues de la stagnation et de l'écoulement
de l'eau de pluie. Ces rochers appartiennent à un petit
corps magmatique, différent de celui du chaos de Quémelin,
le massif de Lanrelas.
Poursuivre vers Plumaugat. Dépasser
cette localité vers Caulnes toujours par la D 46. Obliquer
à droite vers Saint-Jouan-de-l'Isle.
A la sortie de cette localité en direction de Quédillac,
franchir la voie ferrée et atteindre après un virage
l'entrée de la carrière du Pont-de-l'Isle.
Arrêt n°3 - Carrière
du Pont-de-l'Isle (Saint-Jouan-de-l'Isle)
Cette carrière qui aujourd'hui combine zone de remblais,
zone de dépôt de matériaux et zone d'extraction,
permet encore d'observer sur quelques mètres d'épaisseur
des sables ocres à stratifications obliques parfois mêlés
de cailloutis, totalement azoïques. Ils appartiennent à
la "Formation des sables rouges" présente sur
l'ensemble du Massif armoricain, conservée dans de petits
bassins, la plupart du temps à la faveur de zones d'effondrement.
Ce sont des dépôts fluviatiles tertiaires, miocènes
à pliocènes (7 à 3 millions d'années).
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Ils correspondent vraisemblablement à un premier ensemble
de rivières installé sur la région, système
fluviatile au réseau indépendant du réseau
fluviatile actuel.
Ils sont surmontés de graviers de quartz emballés
dans un sédiment argilo-sableux déposés par
la Rance au quaternaire (terrasse fluviatile).
Lien
web
Remonter vers Saint-Jouan et, avant
la voie ferrée, tourner à droite vers Caulnes.
Atteindre le centre de ce chef-lieu de canton et, avant l'église,
prendre à droite vers Guitté (D 25).
Arrêt n°4 - Sortie de Caulnes
et carrière des Planches (Guitté)
La route descend vers la Rance, offre quelques affleurements
de schistes sur la gauche, franchit le fleuve, puis contourne
le beau château de Couëlan.
1 kilomètre avant le bourg de Guitté, peu avant
la chapelle Saint-Mathurin (1744), un arrêt est possible
dans une petite carrière qui s'ouvre sur la gauche de la
route, la carrière des Planches, aujourd'hui très
embroussaillée.
On y voit des grès de l'Ordovicien supérieur en
contact avec des ampélites (schistes noirs silico-carbonés)
et arénites quartziques sombres du Silurien.
Lien
web
Atteindre Guitté.
A l'entrée du bourg, il est possible d'aller à
gauche (petite usine) par une route au long de laquelle du grès
(Grès de Saint-Germain-sur-Ille, Ordovicien supérieur)
a été extrait de carrières aujourd'hui largement
envahies par la végétation et dont il est possible
de voir des affleurements au niveau du chemin qui descend vers
Champ-de-Rance.
Rejoindre le centre de Guitté
puis aller à gauche (D 89).
Avant de sortir du bourg une petite route sur la gauche mène
après 500 mètres aux Ruettes; un sentier part vers
une ardoisière creusée dans les schistes ordoviciens
de la Formation d'Andouillé. La bonne schistosité,
sécante à la stratification, permettait la confection
de dalles et d'ardoises d'assez bonne qualité. Des fossiles
très déformés y sont identifiables.
Revenir vers l'église de Guitté
et dans la localité prendre la direction de Guenroc
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A la sortie du bourg on remarquera de nombreux blocs
de quartz, d'origine locale, avant que la route ne descende
vers le château de Beaumont dont on voit l'entrée
sur la gauche puis la retenue du barrage de Rophemel au
bord de laquelle affleure le granite de Bécherel.
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La route remonte ensuite et atteint la Croix des Défas.
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Le site a été récemment
mis en valeur et aménagé. Les volumineux blocs
de roche qui font office de clôture proviennent des
filons de quartz qui parcourent la région; ils permettent
l'observation de la structuration de ces filons en longues
bandes de déformation au long desquelles le quartz
est intensément granulé.
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A Guenroc, prendre la direction de St-Maden-Tréfumel.
Suivre le fléchage "barrage de Rophemel" et à
la sortie du bourg prendre à droite la petite route qui
mène au parking de Rophemel.
Arrêt n°5 - Barrage de Rophemel
(Guenroc)
La vue embrasse un très large panorama, la différence
d'altitude étant très nette entre le granite et
la zone au nord occupée par des schistes puis plus au nord
les roches métamorphiques du massif de Saint-Malo. A elle
seule, l'érosion différentielle ne peut expliquer
cet "escarpement" rocheux, même si le granite
est plus résistant que les schistes. Il faut certainement
y voir la marque d'événements tectoniques récents
avec surhaussement d'un compartiment sud par rapport à
un compartiment nord, ayant entraîné l'incision profonde
du granite par la Rance.

Le granite de Bécherel affleure à l'extrémité
de ce parking et tout au long du sentier pédestre qui part
au nord, au long de la retenue du barrage de Rophemel (Etang de
Néal) que l'on devine au travers des arbres.
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Bien que souvent largement altéré, ce granite
montre une texture grenue millimétrique, les grains
minéraux étant du quartz, du feldspath et
du mica noir. Dans la classification des granitoïdes
il s'inscrit dans le champ des granodiorites.
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Le massif granitique de Bécherel est le jalon le plus occidental
d'une famille de granites qui affleurent entre Bretagne et Normandie,
intrusifs exclusivement dans les formations briovériennes,
datés entre 540 et 520 millions d'années. Ils constituent
une province géologique bien identifiable, la Mancellia (fig.
4) et sont de ce fait qualifiés de granites mancelliens.
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Revenir vers le
centre de Guenroc.
Dans le bourg aller vers l'ouest à quelque pas de
l'église par la rue de la Roche Blanche vers le site
des rochers de quartz (panneaux).
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Arrêt n°6 - Le Rocher Blanc
(Guenroc)
Guenroc (littéralement "roche blanche")
tire à l'évidence son nom de cette particularité
géologique. Le village est établi sur l'un de ces
puissants filons de quartz évoqués précédemment.
Ici l'érosion a mis au jour le quartz qui matérialise
un accident géologique majeur, orienté est-ouest,
limitant au nord le massif granitique de Bécherel.
Il constitue aujourd'hui une pittoresque muraille d'une quinzaine
de mètres d'épaisseur, à pendage nord de
près de 70°, dominant la plaine de près de 75
mètres.
- Un point d'histoire -
Dans son étude sur le "Bassin
du Ménez-Belair", Ch. Barrois (1895) a interprété
les alignements quartzeux nombreux à l'intérieur
du granite de Bécherel comme la conséquence du thermométamorphisme
engendré par l'intrusion du granite dans les formations
paléozoïques du Synclinorium du Menez-Belair.
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Cette interprétation,
adoptée dans les éditions successives de
la feuille Rennes à 1/80 000ème, devint
un exemple classique montrant le comportement de séries
gréseuses et schisteuses face à une intrusion
granitique; les grès se sont transformés
en quartzites ou même en quartz et donc sont conservés
sous forme de grandes enclaves "non digérées",
tandis que les sédiments argileux, eux au contraire,
ont disparu, "digérés" par le
corps magmatique.
|
Les réalités de terrain sont
tout autres.
La granodiorite de Bécherel ne développe aucun métamorphisme
de contact dans le Paléozoïque alors qu'elle transforme
les sédiments briovériens en cornéennes plus
ou moins tachetées.
En outre, les formations paléozoïques
de l'unité Caulnes-Guitté, orientées N120°
à N170°E, ne sont pas dans le prolongement direct des
bandes quartzeuses qui ne montrent d'ailleurs aucune paragenèse
silico-alumineuse pouvant résulter d'un quelconque métamorphisme
de contact.
Au contraire, elles ne renferment pratiquement que du quartz au
contour esquilleux et quelques rares plagioclases.
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La texture est plus
ou moins bréchique, les cristaux millimétriques
de quartz pouvant être organisés en amas anguleux
ou en bandes larges de quelques centaines de microns.
Quelques fissures sont occupées par de petits cristaux
pyramidés développés sur une couche
de silice calcédonieuse; les géodes ne sont
pas rares.
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Cette organisation en bandes parallèles
superposées aux lignes de fracture majeures de la région,
bien qu'évoquant une stratification, montre clairement qu'il
s'agit d'une roche résultant de phénomènes
mécaniques.
La genèse de ces lignes de silicification
peut s'expliquer ainsi: dans un premier temps, sans doute peu après
le refroidissement du magma granitique, apparaît par distension
de la croûte terrestre, un champ de fractures sub-parallèles,
grossièrement orientées Est-Ouest.
Ces fractures permettent la remontée de silice qui les remplit
et cristallise formant des filons de quartz.
Dans un deuxième temps, vraisemblablement au cours des événements
varisques, des mouvements cisaillants entraînent la déformation
de la granodiorite et des filons de quartz. De la silice remise
en mouvement vient colmater les zones bréchifiées
et cimenter les éléments disjoints.
La bande quartzeuse de Guenroc est la plus septentrionale.
Ce "Rocher Blanc" a un aspect saccharoïde et se
débite selon deux plans, le premier parallèle à
la direction cartographique de la bande quartzeuse, le second
sub-méridien.
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La bande silicifiée la plus
importante débute au sud de Guitté, se poursuit
sans interruption jusqu'à l'Etang de Néal,
puis vers Plouasne où elle disparaît avant
de refaire surface au sud de Longaulnay bordant au nord
le granite de Bécherel jusqu'à Saint-Symphorien.
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Des éléments de ce puissant
filon de quartz ont été utilisés par l'homme
pour ériger le nombreux mégalithes qui parsèment
la campagne de Médréac et de Guitté (mégalithes
de Lampouy).Une troisième bande quartzeuse, discontinue,
a été reconnue au sein même du granite, au nord
de Médréac, se prolongeant à l'est vers Saint-Pern
et jusqu'à Miniac-sous-Bécherel.
Retourner vers le centre de Guenroc, prendre
la direction de St-Maden-Tréfumel.
Rejoindre Tréfumel que l'on traverse en direction de Le Quiou.
A la sortie du bourg, une scierie sert de repère pour
se rendre à la carrière de la Perchais située
un peu après sur la droite de la route.
Arrêt n°7 - Carrière
de la Perchais (Tréfumel)
Il s'agit d'une vaste excavation à fond plat, à
front de taille de quelques mètres de hauteur, qui s'est
agrandie au fur et à mesure de l'extraction de sédiments
détritiques tout à fait originaux pour la Bretagne,
beaucoup plus communs en Anjou et Touraine. Ce sont des sables
calcaires coquilliers, connus sous le nom de Faluns. Il sont les
témoins de la présence dans la région, il
y a 11 millions d'années, d'une étendue marine qualifiée
de Mer des Faluns (fig. 5).

A l'entrée de la carrière, au dessus des installations
et de la trémie de chargement, les blocs entreposés
permettent d'observer la roche; celle-ci de couleur claire, blanche
à ocre, est souvent friable, parfois plus indurée.
Elle apparaît constituée d'une mouture de coquilles
d'invertébrés réunis par une matrice argilo-graveleuse;
on y distingue de nombreuses coquilles de mollusques le plus souvent
dissoutes, des bryozoaires, des fragments d'échinodermes.
Les grains de quartz sont nombreux.
Du point de vue sédimentologique il s'agit d'un sable calcaire
bioclastique dont l'origine est clairement marine.
La zone d'extraction actuelle (Mai 2003) n'est pas immédiatement
visible. Elle se trouve au sud ouest de la falunière; on
y accède en prenant le chemin qui borde l'extraction.
Un ancien petit front de taille, en dessous de la route, permet
de bien voir l'organisation des sédiments. La stratification
est organisée en faisceaux de couches (les lamines) qui
se recoupent les uns les autres traduisant l'existence de courants
importants.
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Le front de taille actuel ne montre
pas la base de la formation mais on sait que les calcaires
reposent sur les schistes briovériens; par contre,
ce qui est d'ailleurs la règle dans toute la région,
les faluns sont surmontés par des sables et des
argiles dont la couleur rouge tranche nettement. Il s'agit
de la formation pliocène des Sables rouges déjà
observée à l'arrêt n°3.
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Le contact entre les deux formations, aisément identifiable,
est souligné par de nombreuses poches de décarbonatation.
L'extraction des faluns se fait sous le plancher de la carrière
faisant apparaître la nappe phréatique.
Même s'il est aujourd'hui difficile de se représenter
le nombre d'exploitations qui pouvaient exister dans la région,
la très belle architecture visible dans les hameaux parcourus
par les sentiers de randonnée et quelques vestiges industriels
justifient l'appellation "pays des faluns" souvent employée
à propos de l'exploitation économique et touristique
de ce patrimoine géologique.
Lien
web
Continuer vers Le Quiou.
Au Quiou prendre à gauche vers Evran (D 26).
La route passe au Besso où un petit récif d'algues
calcaires (Lithothamnes) est visible sur la droite de la chaussée.
Peu après le Besso prendre à gauche vers St-André-des-Eaux
(D 26).
Traverser St-André et après 2 kilomètres
prendre à droite vers Evran (D 78).
Peu après Bétineuc entrer sur la base de loisirs.
Arrêt n°7bis - Etang de Bétineuc
(Saint-André-des-Eaux)
Le vaste plan d'eau de la base de loisirs de Bétineuc
est aménagé sur des alluvions récentes déposées
dans une boucle de la Rance, à proximité du confluent
avec le Linon. Même si ces sédiments sont aujourd'hui
difficilement visibles, il est néanmoins possible d'y faire
une agréable promenade sans aucune difficulté.
Poursuivant vers Evran, la route longe
un instant le Canal d'Ille-et-Rance.
Dans Evran, prendre à gauche vers Dinan (D 2).
La route passe au dessus du canal et après un peu plus
de 4 km, un chemin part sur la gauche vers la carrière
de Vaugré (panneau "carrières Morel").
Arrêt n°8 - Carrière
du Vaugré (Les Champs-Géraux) Accès soumis
à autorisati
Cette carrière, aujourd'hui lieu de production
d'enrobés, exploitait pour granulats des sédiments
briovériens transformés par thermométamorphisme
au contact du granite de Bobital. Ce sont des schistes
plus ou moins cornéifiés montrant des taches
de métamorphisme essentiellement micacées
qui correspondent vraisemblablement à d'anciennes
cordiérites. Certains niveaux sont gréseux,
d'autres plus clairs sont d'anciens niveaux carbonatés.
La série sédimentaire est structurée
en plis très resserrés qui s'expriment sur
toute la hauteur du front de taille.
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Nota- En dehors de la carrière,
des observations sont possibles en bordure du chemin qui mène
à la zone d'extraction.
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Poursuivre vers Dinan et, à
Tressaint, aller à gauche vers Léhon .
La route, étroite, descend vers la Rance et la
pittoresque cité de Léhon avec son abbaye
du IXème siècle, les ruines de son château
du XIème siècle.
Au cimetière de Léhon prendre à droite
vers Dinan (D 12).
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La route atteint le centre bourg de Léhon où le
granite affleure largement puis pénètre dans Dinan.
Entrer dans la ville et prendre à
droite vers le château et le port.
La rue monte vers le château que l'on ne tarde pas à
apercevoir. Stationner à proximité.
Arrêts n°9 - Château
de Dinan - Viaduc de Dinan (Dinan)
Des affleurements de granite sont visibles tout au
long des remparts en allant vers le nord (Promenade des Fossés,
Porte du Guichet).
Il s'agit d'un granite à gros grain, passablement altéré
et assez semblable au granite de Bécherel observé
à Rophemel. Tout en appartenant à la famille des
granites mancelliens, il montre parfois des caractères
de granite d'anatexie.
Il est recoupé de quelques filons de quartz, l'un d'entre
eux étant fort bien exposé, un autre montrant des
cavités géodiques.
Atteindre la Place Saint-Louis et passer
sous la porte pour atteindre la rue Charles de Gaulle.
Aller à droite et descendre vers le viaduc; avant celui-ci,
prendre à droite la rue qui descend vers le port de Dinan
.
Juste sous le viaduc, il est possible de stationner pour observer
les affleurements visibles au long du trottoir.
On y retrouve le granite observé autour du château.
Il renferme des "paquets" de roches métamorphiques
litées (gneiss quartzo-feldspathique) qui appartiennent
au domaine métamorphique de Saint-Malo - Dinan. Il est
possible que ce granite corresponde au stade ultime de la fusion-recristallisation
(faciès anatectique) de ces roches métamorphiques.
Nota- Le nom de Granite de Dinan est souvent utilisé
pour désigner un granite varisque (âge voisin de
300 Ma), connu par ses faciès Languédias et le Hinglé,
que l'on trouve immédiatement à l'ouest de Dinan
(cf. fig.1).
Il semble préférable de nommer ce dernier Granite
de Bobital, comme c'est d'ailleurs le cas sur la feuille géologique
Caulnes, et réserver le terme de Granite de Dinan à
celui qui affleure réellement sous la ville de Dinan et
à l'Est de cette cité et est vraisemblablement cadomien
(540 Ma ?).
Passer le port et suivre la Rance en
direction de Taden et Plouër-sur-Rance (D 12). Dépasser
Taden, la Hisse, puis Plouër/Rance.
A Plouër aller a droite vers La Ville-es-Nonais, Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine.
La route franchit la Rance par le Pont Saint-Hubert qui jouxte
le pont Chateaubriand.
A La Ville-es-Nonais, aller à gauche vers Saint-Suliac.
Stationner en sommet de butte (72 mètres)
au pied du Moulin à vent de la Chaise.
A pied, prendre le chemin de crête qui part vers l'Ouest.
Arrêt n°10 - Le Mont Garrot
(Saint-Suliac)
Les murets qui bordent le chemin sont en grande partie
formés de blocs de quartz qui laissent ainsi deviner la
nature géologique du relief qui avance dans la Rance.
A l'approche de la pointe, une grande excavation et d'autres
plus petites dans le bois font en effet apparaître un puissant
filon de quartz qui a été très largement
exploité comme en témoignent les surfaces verticales
dégagées qui réjouissent aujourd'hui les
amateurs d'escalade.
Le quartz est massif, blanc, localement rose-rougeâtre,
parfois géodique, avec de beaux cristaux allongés
dont les pointes apparaissent par endroit.
Des minéralisations ferrifères (limonite, goethite)
sont visibles dans les fissures.
Ce filon matérialise l'existence d'une importante faille
orientée sud-ouest - nord-est au sein des formations briovériennes
qui est l'une des structures tectoniques majeures de la chaîne
cadomienne.
Il se prolonge vers le nord-est en direction de Saint-Père-Marc-en-Poulet
et vers le sud-ouest sur l'autre rive de la Rance sur la commune
de Plouër-sur-Rance, constituant les hauteurs de la Hautière,
du bois de Lesmont ou de l'améthyste a été
signalée, et sur Pleslin-Trigavou.
Au sortir de la zone un peu plus boisée le filon forme
un superbe promontoire au dessus de la Rance avec au nord une
vue élargie vers l'anse de Saint-Suliac et au sud l'anse
de Vigneux d'où émerge à marée basse
les fondations en pierre d'un camp viking.
Revenir à la Ville-es-Nonais
puis au Pont Saint-Hubert pour prendre la direction de Plouër-sur-Rance
et aller sur la droite vers Langrolay.
A Langrolay, obliquer à
droite vers le centre bourg et suivre la direction "Grève
de Morlets".
Descendre jusqu'à la Rance où il est possible de
stationner (attention à la marée !).
Arrêt n°11 - Grève de
Morlets (Plouër-Langrolay)
A une centaine de mètres au nord du débouché
sur la Rance on observe des micaschistes et des gneiss à
grain fin en bancs décimétriques et finement foliés.
Des filons de granite clair apparaissent tantôt concordants
tantôt sécants sur la foliation des gneiss.
L'alternance micaschises-gneiss correspond à la stratification
originelle.
Ces roches métamorphiques sont constituées d'un
assemblage grenu (texture granoblastique) de quartz, de feldspath,
de chlorite, de muscovite et de biotite.La paragenèse correspond
à un métamorphisme de grade peu élevé.
Elles appartiennent aux termes les moins métamorphiques
de la Série cristallophyllienne de la Rance (fig. 6)
Les micaschistes dérivent de sédiments silteux et
les gneiss dérivent de greywackes ou de grès fins.
L'ensemble de la série est déformé par des
plis droits ou légèrement déversés
vers le sud, d'orientation axiale N 60° E à N 80°
Est. Ils déforment non seulement la stratification mais
une première surface de nature métamorphique, une
foliation légèrement oblique sur la stratification
soulignée par les minéraux phylliteux; c'est d'ailleurs
cette foliation qui débite la roche en feuillets fins.
Une observation de détail permet de voir les microstructures
associées au plissement: boudinage, schistosité
de crénulation, fentes de tension, microplis centimétriques.
Un filon de dolérite est également reconnaissable.
Près de la zone de stationnement, la falaise est constituée
de sédiments récents, quaternaires, d'ailleurs très
peu consolidés, à la couleur ocre caractéristique.
Ce sont ici surtout des loess fins, de couleur ocre à beige
qui, sur l'autre rive du fleuve, à Saint-Suliac, renferment
des concrétions appelées "poupées de
loess".
Ces sédiments meubles, soumis à l'érosion,
proviennent de l'érosion des calcaires secondaires situés
plus au nord, lorsque la Manche était asséchée
il y a quelques 100 000 ans. Véhiculés par les vents
périglaciaires ils se sont accumulés dans les reliefs
de la Bretagne nord, donnant aujourd'hui des sols très
fertiles, la fameuse "ceinture dorée".
Lien
web
Remonter vers Langrolay et aller à
droite vers le Minihic-sur-Rance (D 12 puis D 114); 2500m après
le Minihic tourner à droite vers le site départemental
de la Pointe de Cancaval.
Stationner au Haut-Cancaval et aller à pied vers la pointe.
Arrêt n°12 - Pointe de Cancaval
(Pleurtuit)
Cet espace naturel départemental (Ille-et-Vilaine)
offre une position élevée au dessus de la Rance
que l'on peut admirer au sud, tandis qu'au nord c'est le barrage
de la Rance et plus loin le littoral de Dinard et Saint-Malo qui
s'offrent au regard.
Les roches qui affleurent, surtout au sud, sont ici des gneiss
sombres dans lesquels apparaissent des veines claires quartzo-feldspathiques
de nature granitique qui indiquent un début de fusion plus
ou moins prononcé.
Le minéral indicateur du métamorphisme est ici la
sillimanite qui a pris le relais de la cordiérite observée
un peu au sud.
Reprendre la route vers la Richardais.
A l'entrée de cette localité aller à droite
vers le club nautique où le stationnement est possible.
Gagner les affleurements situés au nord de l'anse de la
Richardais.
Arrêt n°13 - La Richardais
On retrouve dans ces affleurements des gneiss sombres
à grain fin semblables à ceux de Cancaval mais à
l'intérieur de ceux ci de nombreuses veinules de matériel
plus clair de composition quartzo-feldspathique traduisent les
effets d'un début de fusion partielle; cette roche composite
est une migmatite.
On y distingue facilement la sillimanite et la cordiérite,
minéraux symptomatiques d'un métamorphisme de basse
pression et haute température.
Le plissement est intense, les plis sont très serrés.
Des plans de cisaillement ont permis l'injection de matériel
granitique provenant de la fusion partielle.
Reprendre la route vers Dinard.
Aux feux tricolores traverser la route qui descend vers le barrage
de la Rance, aller tout droit.
Au carrefour principal après la plage du Prieuré
prendre à gauche vers Saint-Enogat.
Suivre le fléchage pour atteindre le parking de la plage
de Saint-Enogat.
Par la plage, partir à pied sur la droite vers la Promenade
du Clair de Lune.
Arrêt n°14 - La Promenade
du Clair-de-Lune (Dinard)
A l'embouchure de la Rance, cette promenade, célèbre
et très fréquentée, aménagée
au long des rochers littoraux entre la plage de Saint-Enogat et
la plage de l'Ecluse permet l'observation dans de très
bonnes conditions les différents faciès des migmatites
de Saint-Malo (attention cependant à la marée, au
clapot et aux vagues de tempête !).
Tous les intermédiaires entre les paragneiss originels
plus ou moins épargnés par la migmatitisation et
les granites d'anatexie sont visibles au long d'un parcours de
quelques centaines de mètres au pied des superbes et originales
villas du 19ème siècle.
Quelques filons de dolérite polis
par les vagues, aisément identifiables à
leur couleur noire, à la fois sur l'estran au pied
de la promenade et dans la falaise où ils sont
excavés formant les fameuses "houles"
connues tout au long de la côte d'émeraude,
recoupent, selon une orientation nord-sud, l'ensemble
migmatitique
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* Il est possible de poursuivre,
toujours à pied, vers la plage du Prieuré en contournant
la pointe du Moulinet d'où l'on a une très belle
vue sur l'estuaire et sur Saint-Malo.
Les migmatites y sont bien exposées et un filon de dolérite
affleure au flanc est de cette pointe au dessus de la cale.
Le cheminement passe ensuite au pied de l'Aquarium du Laboratoire
maritime et se prolonge par la promenade du Prieuré superbement
fleurie.
Février
2004
Documents utiles
Carte géologique de la France à 1/50 000ème
(BRGM éd.), feuilles :
- Broons n°280
- Caulnes n°281
Guide géologique de la Bretagne, 3ème éd.
1996 (Masson éd.)
Orientation bibliographique
BONNOT-COURTOIS Ch. 1996- L'estuaire
de la Rance. Géomorphologie et sédimentologie. Penn
ar Bed,160-161, pp.19-30.
LARDEUX H. 1996- Guide géologique de la Bretagne,
3ème éd., pp. 33-35 et pp. 96-102, Masson éd.